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Shirin Neshat Envoyer

Réalisatrice/Photographe

Women without men


faezeh

Shirin Neshat
Faezeh & Amir Kahn, 2008
Tirage couleur et encre, 177,8 x 223,5 cm

 

Photographie:

Shirin Neshat arrache la femme de la scène de jadis, de la scène obscure et étouffante. Elle la vêt à présent en couleur de mille et une nuances et divulgue sa pureté. Derrière le regard ingénu de cette femme, surgit un cri d’émancipation, peut-être un début d’allégresse pour la place qu’elle occupe dans cette écriture. Une écriture qui émerge du sol, traverse son corps pour s’enfuir enfin dans les cieux. Ne s’agit-il pas de son destin, gravé dans le noir de son histoire ?

Son homme est démuni de couleur ou presque. Ne porte-t-il pas un voile ? Un voile qui ne cache guère son corps, mais ses yeux !

Somme-nous dans un univers écrit, tracé ? Une écriture qui nous absorbe, nous avale, puis nous révèle sans pitié notre raison d’être ? Imaginons un instant que ce soit la trace et le caractère qui conditionne l’homme.

 

Vidéo :

  • Faezeh, (Pegah Feridon)
  • Munis, (Shabnam Tolouei)

Shirin Neshat a planté la camera derrière le regard de ses deux actrices principales. Les yeux de Munis et Faezeh remplacent rapidement la camera et la scène s’inverse. Le regard de l’actrice perce l’écran, nous parvient, nous filme un instant pour enfin nous absorber dans son histoire.

 

1er film « Faezeh »

Anéantie par un viol, Faezeh cherche une voie, celle qui est la sienne, la voie qui l’aidera à dormir dans la grande maison, le verger, ce lieu mystique qui deviendra un jour sa tombe, la passerelle qui l’emmènera vers le néant. Éloignée de tous les dangers et d’idées macabres des hommes ignorants, ici, dans ce jardin flamboyant de fleurs, elle respire, elle vit son paradis.

 

2ème film « Munis »

Munis souffre de l’absence de justice. L’ignorance règne la société qu’elle respire. Elle se bat et manifeste pour dévoiler son vrai visage et dévoiler ainsi les vrais visages des millions de femmes. Au cours d’une manifestation, un activiste, touché par balle, tombe sous ses yeux. Une pensée, comme une lumière envahit Munis et l’ordonne de se jeter d’un toit. Elle se jette, elle meurt, mais son âme reste auprès de la terre. Une âme que l’on n’a pas laissé accomplir sa mission terrestre. Dans les yeux de Munis naît une incompréhension ! Le pourquoi ! Parmi une foule habillée de suaires, elle se pose l’unique question : Suis-je sur cette terre pour être libre ou tout simplement pour apprendre la liberté ?

 

Roland Deghan